Shanghai_2010_071 Des trottoirs longs et larges. Des avenues propres. Des rues pavées. Des tours scintillantes. Des Chinois à vélo, à moto, à moteur. Des parcs qui font danser les vieux et les cerfs-volants. De l’air frais. De l’énergie. De l’ordre. De la modernité qui chasse le passé. Du capitalisme qui supplante le communisme. Du ciel bleu derrière la brume des pots d’échappement là-haut échappés. De l’Asie. Du rouge. De la vie et du caractère (苏莲) Shanghai…

     Une ville qui s’apprécie dans les détails ci-dessus cités. Qui se veut vitrine de son pays mais dans laquelle on ne voit pas son reflet. Une ville dont l’apparence épluche l’âme mais dont les secrets et les traditions font le charme.

     Non, je ne suis pas tombée de suite amoureuse. Elle a du me faire la cour trois jours pour me séduire. Haranguant ma petite ombre de ses colosses bétonnés, je ne me suis pas laissé de suite impressionner. Shanghai, nous ne sommes pas dupes de tes contrefaçons. Hong Kong et New York t’ont vue naitre. Et du futur tu veux devenir maitre… Soit.

     Cette ville maitrise ses ambitions et prend la grosse tête. Le yuan se prend pour un euro (héros) ! Les chinois ne s’étonnent pas qu’on leur parle en chinois. Conséquence évidente depuis l’Expo Universelle. Ils ont touché du Toit le monde et celui-ci le leur a bien rendu apparemment.

     Heureusement la ville sanctifie aussi les piétons. C’est en battant la semelle de mes tongues, telle une touriste franco-philippine par 15 degrés, que mon pas a pris le pouls de la ville. Oui, Shanghai cache désormais son histoire derrière des travaux mais sous la poussière… les perles. Celles d’Asie, celles qui me rendent littéralement « accro » à ce continent.

     Prenez un parc spacieux et fleuri, une dizaine de chinois, un chanteur suranné, faites les danser, par deux ou seuls, ils n’ont pas d’inhibitions, et mélangez au rythme des chinoiseries musicales. Fermez les yeux ou tourbillonnez avec eux, ca les fera rire.

     Plus loin, asseyez-vous sur le gazon (propre) et levez les yeux au ciel. Un dragon y danse. Revenez plus bas sur le chinois qui se bat avec son ombre… Il fait du tai chi. Une autre promène son oiseau en cage. Un autre nous prend en photo…

     Ici chacun a sa petite passion. Et c’est la que j’ai trouvé la mienne en les regardant….

     Sortez du parc et admirez la poésie dans l’air… Shanghai allie parfaitement poésie et modernisme, oui. Par contre il vaut mieux être sourd dans ce pays, car le chinois ne parle pas. Il crie. Non, il aboie (J’ai une idée d’explication : jadis, dans le parc de la concession française, il était écrit a l’entrée « interdit aux chiens et aux chinois ». Une histoire de mimétisme au seuil d’une grille probablement.)

     Fermez les yeux sur la perfection et l’aseptisation de certains lieux et perdez-vous dans les dédales de la ville, croisez-y une mémé sur sa chaise, un homme a bicyclette en costume élimé… Les chinois semblent y faire tout ce qu’on y attend d’eux. Ouf, les clichés existent encore. Courez-y, ils sont à brader.