octobreLes lignes s’espacent ces temps-ci, oui je sais. Peut-être mes yeux se fondent-ils de plus en plus à la réalité philippine. Onze mois et déjà moins de recul, plus de complaisance, moins de surprises, plus de liens… Ça compte onze mois, dans un cœur en détachement.


Mes yeux se posent certainement plus indifféremment sur les innombrables gardes armés jusqu’aux dents sifflotant des airs de Lady Gaga, sur les sourires philippins armés jusqu’aux molaires, sur les ‘Hi Ma’am’ frénétiques de mes hôtes, sur les… Je ne vois plus aussi clair, vous voyez. Et pourtant loin de moi un état blasé ! Je suis seulement en état d’intégration. Un sentiment de ‘chez soi’ qui se combine a un pêle-mêle de repères. Je connais les heures, les raccourcis, les noms de rues, les bons plans, les codes, les chauffeurs, les us, les coutumes. J’anticipe les mauvaises surprises, je connais un peu le taglish (tagalog-english), je reconnais un philippin qui ment.


Evidemment la ville recèle encore de surprises pour une éternité… mais cette ville semblera toujours plus désemparée de ses trésors qu’une autre perle d’Asie.


Les trésors philippins, et je ne vous les ai jamais cachés, se trouvent dans les quelques 7000 iles de l’archipel, celles qui laissent coi, pantois, bouche bée… Des iles semblant réinventer les verts et les bleus du panel chromatique. Des iles pour avoir l’aperçu avant impression du paradis sans doute. Des iles qui habituent les yeux au surréalisme des natures vivantes. Des iles qui fouettent le corps et l’esprit par leur seule beauté. Des iles qui vous font croire à une Mère Nature au-dessus de tout, qui vous font vous sentir ridiculement vulnérable. Des iles quoi… (ah non ca ne fait pas ca, l’ile d’Oléron ?) Me restent encore quelques mois pour m’en lasser heureusement…


Sans transition.


Chers vous tous,


Il fait chaud (29 degrés environ) mais il pleut souvent. C’est génial. Je donne des cours à des crevettes et des gambas et je visite les iles parfois les weekends. C’est extraordinaire. A Manille, j’habite au 20eme étage et de ma fenêtre, je vois les nombreuses tours qui gâchent l’horizon. C’est incroyable. Je pense souvent à vous et suis impatiente de vous revoir à Noel.


En attendant, offrez-vous des fleurs et des nappes en couleurs pour ne pas qu’Octobre vous prenne…


Je vous embrasse.


Bises,


M. Mon Œil